Logidyne sponsor de Thibaud Duchosal

Né à Bourg St Maurice dans une famille installée dans la vallée - son père travaille au service technique de la commune, sa mère dans l'hôtellerie -, Thibaud grandit au club des sports de Villaroger, comme tous les jeunes qui ont la chance de n'être pas loin des stations. Parcours classique entre les piquets avec une bonne propension des éducateurs à emmener leurs ouailles en poudreuse dès que l'occasion se présentait. Mais si Thibaud skie, plutôt correctement d'ailleurs, ce n'est pas là où il excelle. Le sport où il brille, c'est la natation. Eh oui, avant de devenir chamois, le gaillard a été un dauphin. A raison de cinq entraînements par semaine plus les compétitions du week-end, Thibaud engrange les titres départementaux, les coupes de France, etc, jusqu'à l'âge de 14/15 ans où la piscine de Bourg St Maurice ferme pour être reconstruite, plus grande, mieux. Une chance ? Non, une catastrophe ! Pour s'entraîner, Thibaud est obligé d'aller à Moûtiers, autant dire au bout du monde. Sans chauffeur à disposition, impossible de faire mieux qu'un entraînement par semaine, autant dire rien, surtout à l'adolescence où la sélection sportive se mêle au timing des hormones. Combien de skieurs doués se sont fait sortir des groupes de club ou du comité à cause d'une puberté pas suffisamment précoce ? Comment se battre contre des « petits adultes » lorsqu'on est encore qu'un « grand enfant » ? Alors en s'entraînement nettement moins que les autres, autant aller directement à l'abattoir ! Ou à la poissonnerie… Sans surprise, Thibaud se fait écailler, découper en filets et, la remise en route des installations de Bourg St Maurice se faisant attendre, il retourne sur la neige. « J'aime avant tout le sport, dit-il aujourd'hui, j'adore le ski mais j'aurais vraiment pu m'éclater dans plein de sports différents. J'ai une tendance sport addict, faut que je bouge. »

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Dans la foulée, il se met au roller in-line hockey, sport d'équipe qu'il pratique à haut niveau jusqu'en 2004, année clé où il dispute le championnat écossais en parallèle de son Master effectué au pays du bon whisky. Lors d'une rencontre, par une chaleur torride, Thibaud enlève la visière plexiglass de son casque. Pas de chance, il prend un coup de crosse dans l'œil. Le coquard qu'il croit avoir se transforme en un séjour de trois mois à l'hôpital. « Au bout d'une semaine, on m'a dit que mon œil était perdu. Ca calme... La rétine était touchée, il n'y avait plus rien à faire pour sauver l'œil, si ce n'est une petite opération pour tout remettre en place. » Sauf que ça a empiré. Tension oculaire et ribambelle d'autres plaisanteries du genre. « Le chirurgien m'a dit : soit tu arrêtes le sport, soit on se revoit bientôt… Pour me recoller la rétine, on m'injectait du gaz dans l'œil et j'ai du rester la tête dans l'oreiller, en plein noir, pendant quinze jours. C'est long. Ca laisse aussi le temps de réfléchir… » Une période noire au propre comme au figuré. Les études sont mises entre parenthèse. « Il me restait un an encore pour devenir ingénieur en matières plastiques mais j'en avais tellement chié que j'ai choisi de profiter de la vie, de ne plus calculer alors qu'un accident peut tout foutre en l'air en un instant. Avant la saison de ski, j'avais signé des partenariats avec Völkl et Columbia et réalisé quelques trips, comme en Ecosse, publiés dans Skieur Magazine d'ailleurs. J'ai décidé de poursuivre dans cette voie sans savoir ce que cela allait donner. » Si Thibaud ne se fait plus de plan de carrière, cherchant le plaisir de l'instant plutôt que la stratégie gagnante pour devenir une pointure du freeride, il n'en reste pas un compétiteur dans l'âme. Chassez le naturel, il revient au galop comme le veut l'adage. Enfin, au petit trot car il a fallu apprendre à vivre avec un œil en moins tout en tentant d'oublier la prédiction du chirurgien… « Le jour où l'on m'a ôté la coque que je devais porter sur l'œil jusqu'alors, je voyais tout en double et je n'avais plus la perception de la profondeur. Pendant longtemps, lorsque je me servais de l'eau, je commençais par tout mettre à côté du verre… » Il se cogne aussi quelques fois contre des murs tapis dans l'ombre, se prend quelques obstacles dans les pieds pour avoir mal évalué la distance, bref, il règle doucement la mire. « Au bout d'un moment, on s'habitue. Le cerveau corrige le tir et, si j'ai encore quelques séquelles en lumières difficiles, j'ai appris à faire avec. »

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Se lancer dans le ski, ça veut dire travailler avec un photographe, trouver celui qui veut lui aussi s'investir dans l'aventure, matos en pogne, pour former un binôme qui n'est pas sans rappeler l'esprit de cordée des alpinistes. Avec Stéphane Godin, les deux se trouvent. Au début, Thibaud finance ses trips avec des petits boulots l'été ou des semaines de monitorat de ski l'hiver. « Comme on parvenait bien à publier nos trips, j'ai rapidement voulu emmener un caméraman. Financièrement, c'est un véritable effort mais, si tu ne t'es pas fait un nom sur les contests, tu ne peux pas espérer grand chose. » En gros, Thibaut ne fait pas encore partie de la famille… Après trois hivers au rythme des voyages, à peine interrompus par quelques apparitions sur les compétitions, la mise en place du Freeride World Tour finit de décider Thibaud à s'investir davantage dans la compétition, seul moyen d'être reconnu. « Avant, j'engageait trop en contest, je voulais trop prouver et ça finissait toujours en roule-boule », se souvient-il, lui qui du coup se retrouver si loin au premier classement établi qu'il ne pouvait même pas s'inscrire aux épreuves qualificatives ! Seul l'épreuve de Mammoth propose alors un open. Thibaud enfonce la brèche, passe limite au cut du premier jour, skiant en dedans, sans plaisir. « Le soir, je buvais des bières avec Stef Godin qui m'a ouvert les yeux, me disant que je devais être plus serein sur mon niveau et skier pour moi, pas pour les autres. C'est con, on entend toujours les mêmes mots partout, mais lorsqu'il s'agit de soi, c'est différent. Ca a fait tilt, j'ai franchi une étape. » Le lendemain, il termine 5ème du jour 2, 3ème du jour 3 et 6ème au final à cause de ce mauvais départ. Devant, on retrouve Cody Townsend, Griffin Post, Mattias Haunolder, Ville Lindberg, les quatre qui s'offrent le droit de participer à l'étape du FWT californienne. « Si j'étais plutôt content d'avoir enchaîner plusieurs runs en skiant bien, en me faisant plaisir, j'étais bien conscient que j'avais la place du con, que je regardais passer le train, de très près certes, mais bon, je restais à quai... »

Rentrez les mouchoirs ! Thibaud s'est quand même offert le droit de participer au Qualifyers de Schruns, en Autriche. « J'ai du changer de run au dernier moment. Du coup, depuis le haut, je me suis calé sur une grosse barre qui semblait marquer des points, sans l'avoir reconnue. Pas top… » Troisième du premier jour, Thibaut s'offre un roule-boule en finale. Malgré tout, il reste dans le Top 8 du Qualifyer en partance pour une finale à Roldal, en Norvège, avec Julien Lopez, Reine Barkered, Mattias Haunolder et quelques autres. Thibaut, cinquième au classement, doit gagner une place au général pour espérer particper au World Tour l'année suivante. Cinquième en Norvège, il devance cependant bon nombre des prétendants et passe troisième au final. « Moi qui subissait trop la pression, j'avais l'impression d'avoir réalisé un truc. Ca a été un passage, au propre comme au figuré, qui a marqué la fin de ma reconstruction et le début d'une nouvelle phase. »

Aujourd'hui, avec Laurent Jamet et l'excellent « Invincible » présenté l'an dernier, Thibaud Duchosal a démontré ses talents d'organisateur et sa capacité à mener à bien un projet. Blessé au genou l'an dernier, il repart à la conquête du ski avec le recul de celui qui a déjà tout vécu et la fougue de celui qui veut tout gagner !

Laurent Belluard, rédacteur en chef Skieur Magazine

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